Qu’est-ce qu’un génosociogramme et comment le construire ?

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L'arbre transgénérationnel : exploiter le sens des liens entre générations

Vous avez vécu un ou plusieurs traumatismes dans votre vie et vous avez ouï-dire de certains événements familiaux qui vous interrogent. Y aurait-il un lien possible entre les événements vécus par vos ancêtres et ce que vous vivez actuellement ? C’est tout l’intérêt du génosociogramme qui pourrait vous aider à mettre du sens sur votre histoire familiale et vous apporter une nouvelle forme de compréhension de vos difficultés. Découvrez l’intérêt de l’arbre transgénérationnel, que j’utilise dans ma pratique, ainsi que mes conseils sur comment le construire de façon pertinente et sécurisante.

Le génosociogramme est une sorte d’arbre généalogique utilisé en psychogénéalogie et en psychanalyse transgénérationnelle. Il respecte des conventions graphiques précises (décrites plus bas dans l’article) et qui permet de visualiser l’histoire d’une famille, ainsi que les liens entre les différents membres qui la composent. Sa réalisation a pour objectif d’apporter un éclairage nouveau sur les difficultés qui vous assaillent.

Le génosociogramme est assez proche du génogramme utilisé en thérapie familiale et systémique. Il en reprend certains aspects, notamment les conventions graphiques, mais s’en distingue aussi de différentes manières.

 💡 Définition de la thérapie familiale et systémique : Il s’agit d’une approche thérapeutique qui vise à comprendre et à traiter les problèmes des individus dans le contexte de leur famille et des systèmes sociaux plus larges auxquels ils appartiennent.

Le génogramme

Le génogramme représente 3 générations et fait apparaître certains faits de vie mettant en évidence les liens entre enfants, parents et grands-parents. Voici ce que l’on peut par exemple y trouver :

  • mariages, séparations, divorces
  • type de relation entre les personnes de la famille : relation distante, fusionnelle, conflictuelle, etc.
  • grossesses, avortements, adoption
  • abus physiques, psychologiques ou sexuels

Le génosociogramme

Le génosociogramme reprend tous les éléments du génogramme tout en l’approfondissant, de manière plus complexe et plus complète. Il englobe ainsi 5 à 7 générations et fait apparaître beaucoup plus d’éléments que sur le génogramme, comme par exemple :

  • les traumatismes vécus dans votre famille
  • les professions
  • les maladies
  • les accidents
  • les phrases marquantes, voire « assassines »
  • les déménagements importants
  • les valeurs
  • les injonctions
  • certains traits de caractère
  • tout élément qui vous paraît important

Ces éléments sont par ailleurs mis en rapport avec le contexte historique et social lors duquel ils sont apparus.

L’intérêt du génosociogramme en thérapie

Le génosociogramme est l’un des nombreux outils pouvant être utilisé en thérapie. Il n’est pas le seul, et je pense qu’il prend tout son sens lorsqu’il est utilisé en complément d’autres techniques et approches. Il peut ainsi venir en soutien à la verbalisation et à l’élaboration psychique.

Voici selon moi quelques-uns des intérêts qu’il présente :

  • Il amène de nouvelles pistes de compréhension sur vos difficultés actuelles.
  • Il aide à mettre en évidence les phénomènes de répétitions familiales sur plusieurs générations.
  • Il participe à éclairer autrement votre parcours et vos choix de vie
  • Il permet, in fine, de prendre des décisions de manière plus consciente et moins influencée.

Voyons maintenant sur quels principes il s’appuie.

Comprendre le principe de la transmission des traumas

vieilles photos montre-arbre transgénérationnel

Le génosociogramme est tout à fait pertinent pour mettre en lumière les traumas qui se transmettent de génération en génération. Cette transmission, ou mémoire traumatique, peut s’expliquer par différents biais, dont voici 5 exemples :

  • la vie utérine
  • les projections parentales
  • le langage non-verbal
  • les deuils
  • les non-dits

La vie utérine

La psychogénéalogie repose sur le postulat d’un inconscient familial (dérivé de l’inconscient collectif du psychanalyste C.G. Jung), via lequel des éléments et des événements se transmettraient entre les différentes personnes de la famille.

À partir de là, certains auteurs, dont Françoise Dolto et Anne Ancelin-Schützenberger, ont émis l’hypothèse d’une communication d’inconscient à inconscient entre le fœtus et sa mère. La mère transmettrait à son bébé, avant même qu’il naisse, certaines expériences et certaines parts de son psychisme. Sans même qu’ils soient parlés, les événements traumatiques qu’elle a vécus auraient donc une influence sur la vie de l’enfant à naître.

 💡 Intéressant à savoir : dans le même ordre d’idée, Marie-Claire Busnel, éthologue, chercheuse et spécialiste de la relation mère-fœtus, a réalisé une étude sur la communication intra-utérine (1997). Cette étude démontre le fait que les nouveaux-nés, tout comme les fœtus, réagissent autant à la voix parlée de leur mère qu’à la voix « silencieuse » ou « intérieure ». Elle montre que le rythme cardiaque du fœtus change pendant la durée du stimulus.

🔗 Si vous souhaitez écouter Marie-Claire Busnel à ce sujet, je vous invite à écouter le podcast suivant : Le fœtus et la mère : transmission de pensée ? (émission Radio France, 29 juillet 2023)

Les projections parentales

Avant la naissance même de l’enfant (et peut-être même avant sa conception), ce dernier est parlé, imaginé, fantasmé par ses parents et par sa famille. À partir de là, de nombreuses attentes se créent et vont être projetées sur lui. Ces projections et attentes sont susceptibles d’imprimer le psychisme du nouveau-né, ce qui pourrait influencer directement son avenir affectif, voire professionnel.

Cette idée très intéressante aide à mieux appréhender et à comprendre certains parcours. Mais il peut être tout aussi intéressant au cours d’un travail thérapeutique de faire un pas de côté par rapport au génosociogramme, et de voir justement ce que l’individu fait réellement :

  • Suit-il ces attentes et ces projections ?
  • Se conforme-t-il à elles ?
  • Ou bien tente-t-il au contraire de s’en écarter et de s’en défaire ?

Le langage non-verbal

Nous l’avons vu plus haut, certaines expériences peuvent se transmettre entre la mère et son bébé sans recourir à la voix. De la même manière, le langage non-verbal est bien souvent porteur de significations. Ainsi, des messages et éléments non-verbaux peuvent se transmettre par :

  • les attitudes des parents
  • les comportements
  • l’ambiance familiale
  • le langage du corps
  • les soupirs
  • les silences

Il est important de souligner que, lorsque le traumatisme n’est pas digéré, celui-ci s’incarne dans les attitudes. Telles des éponges, les enfants captent bien évidemment tous ces signaux. Cette « résonance émotionnelle » entre générations peut amener l’enfant à devenir le dépositaire de souffrances ne lui appartenant pas directement.

 

« Ce qui est tu par les mots s’imprime, se répète et s’exprime par les maux.» (A. Ancelin-Schützenberger)

Les deuils familiaux

La transmission pourrait également se faire via l’inachevé. Le nouveau-né reçoit en héritage des problématiques non résolues de ses parents et de ses ancêtres. Les deuils que l’on peut qualifier de « non digérés » (morts violentes, injustes, prématurées, etc.) se transmettent aux descendants, ce qui représente un véritable fardeau.

Parfois d’ailleurs, le symptôme ou la problématique d’un enfant exprime finalement un traumatisme enfoui ou un deuil « bloqué » d’un des parents.

Les non-dits

Les non-dits représentent une autre forme de transmission des traumas en créant des vides dans la compréhension de l’histoire familiale.

La narration de cette histoire est alors fragmentée ou incohérente. Les descendants se retrouvent avec des bribes d’information, ce qui les laisse avec des questions sans réponse. Le résultat en est qu’ils peuvent tenter de combler ces lacunes avec des scénarios bien pires et bien plus angoissants que l’événement concerné par le non-dit.

Les non-dits rejoignent les tabous et les secrets de famille. Il s’agit de parts inavouables de l’histoire familiale (meurtre, suicide, inceste, maladie mentale, etc) qui s’introduisent malgré tout dans l’inconscient familial et qui influencent le comportement de chaque membre. En psychogénéalogie, on parle de « fantôme ».

🔗 Pour aller plus loin sur les mécanismes de la transmission des traumatismes, je vous invite à lire mon article sur la psychogénéalogie : https://agnes-bonnin-psychologue.fr/psychogenealogie-cassez-la-transmission-de-vos-traumas/

Identifier les loyautés familiales invisibles

Les loyautés familiales invisibles sont un ensemble de règles inconscientes qui régissent les rôles et les responsabilités de chacun des membres d’une famille. Ces loyautés sont très ancrées en chacun·e de nous et peuvent grandement influencer nos choix de vie.

Le génosociogramme, en faisant notamment apparaître certains traits de personnalité de vos ascendants, leurs valeurs et les injonctions qu’ils vous ont transmises, permet d’identifier ces loyautés familiales, ce qui vous donne par la suite la possibilité de vous en libérer.

Mon avis sur le « syndrome anniversaire »

Le syndrome anniversaire est l’un des concepts phares de la psychogénéalogie, mais il est aussi l’un des plus controversés.

Selon ce concept, le déclenchement d’une maladie ou d’une psychose pourrait être mis en lien avec un événement traumatisant de l’histoire familiale.

 👉 Exemple : une mère pourrait déclencher un épisode dépressif au dixième anniversaire de sa fille, âge auquel elle a elle-même connu le décès de l’un de ses parents.

Ce phénomène n’est pas rare et peut s’expliquer assez aisément.

La psychologue américain R. Rosenthal emploie l’expression de « réalisation automatique des prédictions ». L’approche d’une date anniversaire ayant une signification importante pour la lignée familiale déclencherait une anxiété à même d’entraîner de réels accidents ou la survenue d’une maladie.

On peut également expliquer ce phénomène par un biais cognitif appelé la « prophétie autoréalisatrice ». Autrement dit, on modifie de façon inconsciente nos comportements en fonction de nos croyances. Ainsi, on pourrait avoir tendance à attribuer la cause des troubles d’un individu à des événements qui ne représentent finalement que des coïncidences.

⚠️ Attention toutefois à ne pas surinterpréter le moindre fait marquant et à attribuer un sens important à chaque répétition de dates. Notamment concernant les dates d’anniversaire.

💡 Le savant et ingénieur autrichien R. Von Mises a établi grâce à une étude qu’il fallait réunir seulement 23 personnes dans une même pièce pour avoir une chance sur deux que deux individus de ce groupe aient leur anniversaire le même jour. À partir d’un groupe de 57 personnes, la probabilité dépasse 99 %.

Comment créer un génosociogramme ?

femme ordinateur arbre généalogique

Comme évoqué plus haut, le génosociogramme va bien plus loin que le simple arbre généalogique et il est bien plus fourni. Afin qu’il soit très visible et lisible, on le réalise sur de grandes feuilles de papier. C’est au fil de vos réactions émotionnelles et des liens que vous faites que ces feuilles s’assemblent pour former un tout cohérent et faisant sens pour vous.

Le démarrage de votre arbre transgénérationnel

Sa création commence par vous et par vos objectifs :

  • Réfléchissez à ce que vous attendez de la réalisation de votre génosociogramme et inscrivez-le dans un coin en bas de la feuille que vous utilisez.
  • Ensuite, représentez-vous, votre fratrie et vos parents (nous verrons plus bas les conventions graphiques à respecter).
  • À partir de là, représentez les autres personnes de votre famille (oncles et tantes, cousins et cousines… et même animaux de compagnie !)

Vous pouvez également faire apparaître des personnes ayant énormément compté pour vous, mais qui ne font pas partie de votre famille de sang.

👉 Je me souviens par exemple d’une jeune fille qui avait été placée dans différentes familles d’accueil. Au moment de réaliser son génosociogramme, il était impensable pour elle de ne pas y faire apparaître sa famille d’accueil actuelle, laquelle jouait un rôle essentiel dans son équilibre psychique.

Quelles informations faire apparaître dans votre arbre ?

Partez toujours des informations que vous avez à disposition, même si votre construction vous paraît dans un premier temps vide ou incomplète, ce qui est forcément normal au début. Il sera voué à évoluer au fil du temps. Vous êtes ensuite libre de faire apparaître tous les éléments et événements qui vous paraissent particulièrement importants dans la compréhension de votre propre histoire et de votre lignée familiale.

Étape 1

Voici des exemples pour vous aiguiller, mais faites-vous confiance et n’hésitez pas à noter ce qui vous traverse spontanément l’esprit :

  • des traits de caractère qui vous ont marqué chez vos proches
  • des phrases assassines ou marquantes prononcées par d’autres
  • des faits historiques ou culturels ayant impacté directement vos ascendants
  • des mésententes, des relations fusionnelles ou conflictuelles
  • des fausses couches, des naissances prématurées
  • des maladies (mentales ou physiques), des infirmités
  • tout ce que vous jugerez pertinent dans la construction de votre histoire

Étape 2

Une fois que vous avez « épuisé » toutes les informations d’emblée à votre disposition, prenez un temps pour observer cette première partie de votre arbre :

  • Qu’est-ce que cela vous évoque ?
  • De nouveaux liens vous apparaissent-ils, dont vous n’aviez pas conscience jusqu’alors ?
  • Certains éléments (présents ou absents) vous interrogent-ils ?
  • Ressentez-vous le besoin d’approfondir des points précis ?

Étape 3

À partir de ces observations, vous pouvez ensuite passer à la phase d’enquête pour compléter votre outil. Dans cet objectif, vous pouvez:

  • soit interroger des membres de votre famille,
  • soit faire des recherches plus « administratives » en consultant les archives et les documents officiels (tels que les registres familiaux et les actes)

Dans les deux cas, les nouvelles informations récoltées sont à ajouter à l’arbre, qui s’apparente de plus en plus à un assemblage de feuilles bien remplies. Vous pouvez ensuite continuer à compléter et à modifier votre génosociogramme au fil du temps.

💡 Important à retenir : N’effacez pas les informations initialement notées, même si vos recherches vous apprennent qu’elles ne sont pas tout à fait justes. Rajoutez plutôt les nouvelles informations à côté des anciennes, car l’écart entre ce que vous aviez en tête et la réalité peut être intéressant et révélateur.

Les conventions graphiques de l’arbre transgénérationnel

Le génosociogramme respecte des conventions graphiques bien précises. On utilise des symboles différents pour représenter les personnes, les relations entre ces personnes et les événements :

  • Les hommes sont représentés par un carré
  • Les femmes sont représentées par un cercle
  • On inscrit au sein de chaque symbole l’âge actuel de la personne et la date de naissance en dessous

convention graphiques 1-génosociogramme

On fait apparaître le lien conjugal entre les différentes personnes de la famille. Une séparation est représentée par un trait oblique et un divorce par 2 traits obliques.

convention graphique-génosociogramme 2

Les fratries sont représentées comme suit.

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On représente les liens affectifs entre les personnes de la famille grâce à différents types de flèches.

Les différentes formes d’abus peuvent également apparaître sous une certaine forme.

convention graphique-génosociogramme 5

Gardez en tête que tout événement peut être représenté par un symbole. Et si vous ne trouvez pas de symbole défini pour un événement, il vous suffit d’en déterminer un vous-même. Voici d’autres symboles pouvant être utilisés :

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Arbre transgénérationnel : peut-on le construire soi-même ?

Il est tout à fait envisageable de le construire vous-même et de l’enrichir au fur et à mesure de vos recherches. Toutefois, si vous souhaitez vous lancer dans cette démarche, gardez en tête certains points :

  • Vous serez seul avec les informations que vous découvrirez : cela peut encombrer votre esprit.
  • Les découvertes et les liens qui vous apparaîtront peuvent entraîner une charge émotionnelle importante, à laquelle vous devrez faire face et qui peut être difficile à gérer.
  • Vous pourriez être tenté·e de prendre certaines décisions radicales, sans qu’elles soient suffisamment pensées ou réfléchies, sous le coup de l’émotion.

Si vous décidez de vous engager seul·e dans cette démarche, essayez d’être au clair avec différents éléments et posez-vous les bonnes questions :

  • Quels sont vos objectifs ?
  • Qu’espérez-vous ou qu’attendez-vous en réalisant votre outil ?
  • Vous sentez-vous prêt·e à faire face seul·e à ce que vous pourriez apprendre ?
  • Vous sentez-vous prêt·e à faire face aux émotions (positives comme négatives) que certaines découvertes pourraient provoquer chez vous ?

Dans le cas contraire, je vous recommande fortement d’aborder ces éléments dans un cadre sécurisé et bienveillant, lors d’une thérapie par exemple.

Les précautions à prendre avec le génosociogramme et la psychogénéalogie

La psychogénéalogie et les outils sur lesquels elle s’appuie sont aujourd’hui assez décriés. Bien que ce champ de psychologie peut apporter des réponses pratiques et pertinentes à de nombreuses personnes, quelques précautions sont à prendre quant à son utilisation.

Tout n’est pas à imputer aux ancêtres

Bien entendu, votre histoire familiale et les divers événements qui la ponctuent ont une influence sur vous. La tentation est alors grande d’imputer l’entière responsabilité de vos difficultés à vos ascendants et à leur vécu.

Or, vous êtes un individu à part entière, avec votre personnalité, vos valeurs et votre façon d’appréhender la vie. Autrement dit, il y a votre histoire familiale, mais également et surtout, ce que vous en faites, de façon consciente ou inconsciente.

C’est justement l’articulation de ces deux dimension qui est, à mon sens, la plus pertinente.

Le risque de faux souvenirs induits

Le génosociogramme est un outil pratique, très intéressant et riche. Mais il est indispensable qu’il soit utilisé avec précaution par des personnes compétentes. Avec cette approche, le risque de faux souvenirs induits, ou « syndrome des faux souvenirs », est grand. Autrement dit, le/la patient·e risque de croire se souvenir d’événements qui ne se sont jamais produits.

C’est la raison pour laquelle je vous recommande vivement de vous tourner vers des professionnel·les ouverts à d’autres approches qu’à la psychogénéalogie, et qui possèdent au minimum une formation ou des bases en psychologie. Car une simple parole maladroite ou un peu trop suggestive du thérapeute pourrait avoir des répercussions importantes sur vous et différentes personnes de votre famille.

Créer un arbre transgénérationnel pertinent dans un cadre sécurisé

Nous l’avons vu plus haut, il est tout à fait possible de le réaliser par vous-même. Toutefois, le créer avec l’aide d’un·e professionnel·le compétent·e sera plus pertinent. Cette personne tierce peut d’ailleurs vous permettre d’aller plus en profondeur dans cette démarche, et ce, pour plusieurs raisons.

Le thérapeute soutient le travail d’élaboration psychique

En réalisant votre génosociogramme avec un·e thérapeute professionnel·le, vous allez pouvoir faire plus de liens et réaliser des associations de pensée plus profondes et plus poussées.

Le thérapeute sera attentif à de nombreux détails qui peuvent vous échapper :

  • vos hésitations
  • vos silences
  • vos changements d’intonation
  • vos lapsus
  • vos points de butée
  • etc.

Tous ces éléments sont susceptibles d’avoir une signification inconsciente qu’il.elle pourra vous accompagner à mettre à jour.

 💡 Important à retenir : Les oublis et les erreurs possibles dans la conception de votre génosociogramme sont aussi importants que vos souvenirs concrets.

Le cadre thérapeutique aide à contenir les émotions

Le fait d’avoir un espace encadré, où vous pouvez aborder et déposer les découvertes que vous aller faire, ainsi que les prises de conscience durant ce travail, est également sécurisant.

Vous ne serez pas seul·e pour gérer vos émotions face à cette démarche qui peut raviver des souvenirs douloureux, autant pour vous que pour d’autres membres de votre famille. Le thérapeute est là pour vous soutenir et vous aider à accueillir vos émotions avec empathie et bienveillance.

Le thérapeute nuance, temporise et vous amène à réfléchir en profondeur

Des émotions parfois intenses peuvent vous traverser durant la réalisation du génosociogramme. Il y a un risque de réactions parfois vives qui peuvent vous pousser à envisager des décisions radicales, comme par exemple couper les ponts avec certaines personnes de votre famille.

Le/la thérapeute est alors là pour vous aider à ramener de la conscience dans vos prises de position et à les temporiser. Couper les ponts radicalement sans vous laisser le temps de « penser » vos émotions, et ce que vous apprenez grâce à votre génosociogramme, représente un passage à l’acte que vous pourriez regretter par la suite.

 💡 Important à savoir : En psychologie, le passage à l’acte est une action ou une conduite impulsive régie par des motivations pour la plupart inconscientes.

Vous aurez sûrement besoin de temps pour « digérer » et intégrer les nouvelles informations découvertes avant de prendre quelque décision que ce soit. Le thérapeute pourra vous inviter à réfléchir à des actions symboliques que vous pourrez mettre en place afin de faciliter cette intégration, comme par exemple :

  • écrire une lettre à l’un de vos ancêtres
  • parler de vos découvertes avec les membres de votre famille
  • aller sur la tombe d’un ancêtre pour lui parler
  • etc.

Pour résumer sur le génosociogramme

Le génosociogramme est un outil de psychologie très riche et intéressant pour explorer votre héritage familial. Il a toute sa place au cours d’un travail thérapeutique. Bien qu’il soit possible de le réaliser par vous-même, il est à mon sens plus sécurisant et pertinent de le réaliser auprès d’un·e thérapeute formé·e. Cette personne saura vous accompagner dans sa réalisation et pourra vous aider à le manier avec précaution, car il existe des risques réels liés aux émotions qui peuvent découler de sa conception.

Vous pensez que la création de votre génosociogramme dans un cadre sécurisé et bienveillant peut vous aider pour expliquer un trauma ?

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