Quelles sont les séquelles d’une relation toxique ? (+ conseils)

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13 troubles post relation violente ayant un impact sur votre vie

Vous avez récemment mis fin à une relation violente. Vous pensiez vous sentir entièrement soulagé·e, et que la souffrance et le mal-être liés à cette relation disparaîtraient. Pourtant, vous ressentez toujours un mal-être profond sans parvenir à identifier clairement ce qui se passe pour vous.

Les violences conjugales ont un impact considérable sur la vie des victimes. Les séquelles et les troubles sont d’autant plus perturbants qu’ils peuvent perdurer après la fin de la relation toxique.

Comment comprendre et analyser ce qui se passe pour vous après la rupture avec votre ex-partenaire ? Comment faire lorsque l’on arrive pas à s’en remettre ? Comment se reconstruire quand on a été détruit pendant la relation ? Découvrez mes conseils.

Une relation toxique est une relation présentant une dynamique déséquilibrée, qui nuit au bien-être émotionnel et mental de l’un des partenaires. Il s’agit d’une relation asymétrique où l’un·e cherche à prendre le dessus sur l’autre.

 💡 Important à savoir : Voici quelques signes évocateurs d’une personnalité toxique et/ou d’une relation toxique :

  • votre partenaire tente de vous contrôler, de vous surveiller
  • il.elle vous manipule émotionnellement (culpabilisation, chantage, menaces)
  • il.elle vous isole
  • il.elle vous dévalorise et vous fait des reproches constants
  • vous ne pouvez pas être vous-même, vous vous efforcez de correspondre aux attentes de votre partenaire
  • il.elle use de violences physiques et/ou psychologiques
  • il.elle manque d’empathie
  • il existe une absence de communication entre vous

Ce type de fonctionnement peut être très néfaste, et ce, d’autant plus si vous y êtes exposé·e à moyen et/ou long terme.

Les 13 séquelles identifiables d'une relation toxique

femme recroquevillée-séquelle relation toxique

La relation toxique impacte directement votre santé mentale. Même si vous réussissez à sortir de celle-ci, il se peut que ses conséquences continuent à impacter, pendant encore un certain temps, votre sphère émotionnelle, affective, relationnelle et même physique.

Voici 13 signes à identifier et dans lesquels vous êtes susceptible de vous reconnaître.

1. La chute de l’estime de soi

Dans une relation toxique, certains comportements du partenaire toxique et/ou violent peuvent directement impacter l’estime de soi :

  • les critiques constantes sur vos actions, comportement, pensées, sentiments…
  • le manque de soutien et d’encouragement
  • la culpabilisation
  • les violences psychologiques : rabaissements, dénigrements, insultes
  • les autres types de violences (physiques, sexuelles, économiques)

Tous ces agissements de la part de votre ex-partenaire vous ont sans doute amené·e à intégrer des croyances négatives sur vous-même et sur votre valeur personnelle. Ces croyances ont tendance à perdurer après la séparation. Il faut bien souvent du temps et un soutien important pour refaçonner une estime de soi dégradée.

 👉 Pour aller plus loin sur ce sujet, je vous invite à lire mon article : Comment retrouver l’estime de soi après une relation toxique?

2. L’anxiété

L’anxiété est une séquelle très courante chez les personnes sortant d’une relation toxique et qui s’explique de plusieurs façons.

Premièrement, le comportement toxique de l’autre fragilise votre estime de vous, ce qui conduit à une moins bonne gestion du stress et de l’anxiété.

D’autre part, dans les relations violentes, le.la conjoint·e est souvent imprévisible. Il ou elle peut se mettre en colère, sans raison valable, faisant régner un climat de terreur et d’insécurité. Vous vous adaptez en permanence, mais cela ne suffit pas. Vous vivez donc dans une situation constante de peur, d’angoisse et d’anticipation d’une nouvelle explosion de votre partenaire.

Face à tout cela, vous pouvez ressentir un grand sentiment d’impuissance qui ne fera qu’accroître votre anxiété. Cette anxiété est fortement susceptible de se maintenir après la séparation. Votre ex gardant son côté imprévisible, vous pouvez vous demander régulièrement s’il va chercher à vous contacter, à vous contrôler ou à vous surveiller.

3. La perte d’identité

Dans une relation toxique et/ou violente, il est très courant que l’un des partenaires du couple s’oublie complètement, faisant passer les besoins de l’autre avant les siens. Il se peut même que vous ayez changé votre comportement, vos opinions ou même vos valeurs pour mieux correspondre à ce que votre conjoint·e attendait de vous, pour éviter de le contrarier, craignant ses réactions.

De la même façon, du fait de l’emprise, votre partenaire a pu réussir à vous faire croire ce qu’il souhaitait que vous croyiez, vous faisant douter de vous et de votre valeur personnelle.

Résultat : vous ne vous reconnaissez plus. vous ne savez plus qui vous êtes, quelles sont vos envies, quels sont vos désirs propres. Cela peut même aller jusqu’à un oubli total de ce que vous aimez.

 💡 Anecdote : Je me souviens d’une patiente qui avait finalement réussi à se séparer d’un conjoint ayant une très grande emprise sur elle. Suite à la séparation, elle n’était plus en mesure de faire un choix au restaurant, ni même de savoir ce qui lui plaisait en matière de style vestimentaire. C’était son conjoint qui choisissait toujours pour elle la façon dont elle s’habillait et le plat qu’elle prenait au restaurant. Après des années d’emprise, la perte d’identité était toujours très ancrée chez cette patiente.

4. La confusion mentale

Pour assoir et maintenir son emprise, l’auteur des violences peut user de manipulations psychologiques, parmi lesquelles le gaslighting.

 💡 Définition : Le gaslighting est une forme de manipulation au niveau mental dans laquelle une personne tente de faire douter une autre personne de sa perception de la réalité, de sa mémoire ou de sa santé. Pour cela, celui.celle qui emploie ce procédé peut :

  • nier ou minimiser les expériences de la victime
  • inverser la responsabilité de ses actes
  • créer des doutes sur la mémoire de la victime, voire la contester

Ce procédé est extrêmement déstabilisant pour la personne qui y est confrontée. Il est susceptible d’entraîner une grande confusion, qui entrave bien souvent la demande d’aide par la victime. Celle-ci ne se sent plus légitime à demander de l’aide, puisqu’elle se demande si le problème ne viendrait pas d’elle : peut-être qu’après tout, c’est elle qui est folle ?

Outre le gaslighting, votre conjoint·e peut :

  • user de messages contradictoires
  • vous dire une chose puis son contraire
  • souffler le chaud et le froid
  • passer d’une humeur à une autre en un rien de temps

Le cycle de la violence lui-même, avec une alternance de phases de violence et de phases de « lune de miel », peut entraîner cette grande confusion mentale, qui se maintient souvent après la séparation. Vous ne savez plus où vous en êtes, ni quoi penser de la relation et de la personne que vous venez de quitter.

5. Les difficultés relationnelles

femmes se tournant le dos-difficultés relationnelles

Les difficultés relationnelles sont courantes dans la période post relation toxique/violente.

Il est fort probable que pendant la relation, votre ex-partenaire ait tenté de vous isoler socialement, afin d’avoir une plus grande emprise sur vous. Après la séparation, vous pouvez donc vous retrouver peu entouré·e et ressentir des difficultés à reprendre contact avec certaines personnes (amis, famille…), dont vous vous étiez éloigné·e pendant la relation.

Par ailleurs, la relation toxique est susceptible d’avoir entraîné chez vous une perte de confiance en les autres, ainsi qu’une certaine méfiance envers les nouvelles personnes : comment être sûr·e qu’il s’agit de personnes fiables ?

Le comportement de votre ex-conjoint·e ont engendré chez vous des schémas de pensée négatifs ou erronés, vous amenant à douter de l’honnêteté des personnes qui vous entourent.

6. Les addictions

Le quotidien dans une relation toxique et/ou violente peut se révéler particulièrement insupportable pour les victimes. Dans certains cas, il arrive que certaines personnes commencent à se tourner vers la prise de substances pour :

  • faire face au stress, à la tension et à la pression liés aux violences
  • « anesthésier » les ressentis, les émotions et la détresse qui en découlent
  • atténuer les symptômes du traumatisme (hypervigilance, flashbacks…)

Le risque est bien évidemment que cette stratégie d’adaptation devienne une véritable addiction, avec parfois, parmi les conséquences, le renforcement de comportements abusifs du conjoint·e violent·e. Le tout engendre un cercle vicieux.

7. Les troubles de l’alimentation

Dans le même ordre d’idée, certaines personnes développent des mécanismes d’adaptation en lien avec l’alimentation. Boulimie et anorexie peuvent apparaître comme un moyen de gérer l’anxiété, la peur ou le sentiment d’impuissance engendrés par les violences au sein du couple.

8. L’état de stress post traumatique

L’état de stress post-traumatique est un trouble qui survient suite :

  • à un événement traumatisant singulier et isolé
  • à des événements traumatisants répétés

Les violences conjugales peuvent être considérées comme des événements traumatisants puisqu’elles mettent en danger la victime en menaçant son intégrité physique et/ou psychique. Les mécanismes de défense et d’élaboration habituellement utilisés par le sujet sont alors débordés par le choc de l’événement.

Le stress post-traumatique se caractérise par 3 catégories de symptômes différentes :

  • les symptômes d’évitement : évitement de la pensée, de toute situation douloureuse ou stressante, diminution ou absence de réactions affectives, difficulté à envisager l’avenir, désinvestissement des relations interpersonnelles
  • les symptômes de reviviscence : ruminations, flashbacks, souvenirs intrusifs, rêves répétitifs, cauchemars
  • les symptômes d’hyperéveil : tendance à être constamment à l’affût du danger, sursauts, colère et irascibilité, hypersensibilité

Le stress post-traumatique est un trouble très complexe qui se maintient même longtemps après la séparation. Le traitement de ce trouble prend un temps considérable et nécessite souvent l’accompagnement psychologique d’un·e professionnel·le.

9. Les troubles du sommeil

femme endormie sur pile de livres - troubles du sommeil

Les problèmes au niveau du sommeil peuvent apparaître soit en lien avec un état de stress post-traumatique (comme symptômes de reviviscence), soit de façon plus isolée.

Dans tous les cas, les cauchemars, les insomnies, les réveils nocturnes, les troubles du rythme circadien (alternance veille-sommeil) sont également courants durant la période post-séparation. Celle-ci peut être une période particulièrement stressante et angoissante pour différentes raisons :

  • peur des représailles
  • crainte de perdre la garde des enfants
  • incertitude quant à l’avenir

10. La dissociation

Il s’agit d’une réponse psychologique à un ou plusieurs événements traumatisants. La dissociation renvoie à un mécanisme où une personne se déconnecte mentalement de son environnement, de son propre corps ou de ses émotions, afin de protéger son psychisme de l’impact du traumatisme.

On distingue :

  • la dépersonnalisation : renvoie au fait de se sentir détaché de soi-même
  • la déréalisation : renvoie à une perception altérée de l’environnement

Bien qu’à court terme, la dissociation ait une utilité pour faire face à des situations de stress extrême, sur du plus long terme, elle peut largement entraver le quotidien.

11. Les troubles de l’attention et de la concentration

La relation toxique peut impacter votre sphère professionnelle, même après la séparation.

Comme évoqué plus haut, le comportement néfaste de votre ex-partenaire est susceptible de provoquer ruminations et souvenirs intrusifs, lesquels peuvent apparaître à n’importe quel moment. Ils peuvent entraver votre concentration et votre attention, rendant votre vie professionnelle plus compliquée.

💡 Au contraire, dans certaines situations, le travail peut être perçu comme un lieu protégé de la relation toxique et de ses effets. Il peut ainsi représenter une bouffée d’oxygène pour les victimes.

12. Les troubles somatiques et fonctionnels

Le·s comportement·s toxique·s et/ou violent·s peuvent être directement responsables d’un mauvais état de santé général. La relation toxique peut effectivement impacter la sphère physique en provoquant entre autres :

  • migraines
  • douleurs au dos
  • douleurs abdominales
  • problèmes digestifs
  • fibromyalgie

13. L’état dépressif et les idées noires

Les violences conjugales représentent une réelle entreprise de destruction de l’autre et de son identité. Les séquelles sont multiples comme nous venons de le voir. L’anxiété, la faible estime de soi, la honte et la culpabilité engendrent un mal-être tel que les états dépressifs sont monnaie courante chez les femmes victimes.

 💡 Important à savoir : Selon certaines études, plus de 50% des femmes victimes de violences conjugales font une dépression.

La souffrance liée aux violences actuelles ou passées peut également amener les victimes à développer des idées suicidaires, avec un risque de passage à l’acte plus ou moins important.

Si tel est votre cas, il est indispensable de ne pas rester seul·e avec cela. Parlez-en à vos proches ou rapprochez-vous d’un professionnel de santé : médecin généraliste, psychologue, psychiatre…

Dans les cas de grande urgence, n’hésitez pas à contacter les pompiers, le SAMU ou à vous présenter aux urgences de l’hôpital le plus proche : vous pourrez être reçu·e à n’importe quelle heure du jour et de la nuit et une prise en charge adapté·e pourra vous être proposée.

Retomber dans la relation toxique : un risque réel

femme regarde homme au loin-retomber dans relation toxique

Dans les suites d’une relation toxique et/ou violente, il est essentiel de garder à l’esprit qu’il existe pour vous un risque non négligeable de répétition :

  • soit de retourner avec votre ex
  • soit de tomber à nouveau sur une personnalité ou dans une relation toxique

Pourquoi un tel risque, alors que la précédente relation vous a tant fait souffrir ? Plusieurs raisons peuvent être invoquées.

L’emprise et la dépendance émotionnelle

L’emprise qui s’est mise en place durant la relation peut perdurer après la séparation. Il n’est pas rare que l’ex-conjoint.e violent·e ou toxique continue à user de manipulation et/ou de chantage pour maintenir son emprise sur vous. Parmi celles-ci, il peut chercher à vous persuader :

  • qu’il a changé
  • qu’il ne peut pas vivre sans vous
  • que si vous revenez, tout sera différent

 ⚠️ Attention à ne pas tomber dans le piège. Sans l’aide d’un·e professionnel·le et sans un travail thérapeutique approfondi, cette personne toxique ne peut pas avoir changé en si peu de temps ! Il s’agit en fait de manœuvres pour vous récupérer et continuer à vous contrôler.

D’autre part, l’emprise peut créer chez la victime une dépendance émotionnelle, lui faisant confondre cette dépendance avec l’amour ou les sentiments. Le risque de retourner avec l’ex-toxique est alors important.

Style d’attachement anxieux et peur de la solitude

Il arrive que certaines personnes tombent sur des personnalités toxiques/violentes du fait d’un style d’attachement anxieux. Chacun développe un style d’attachement particulier dans l’enfance, en fonction des expériences vécues. Il existe 4 styles d’attachement :

  • anxieux
  • évitant
  • désorganisé
  • sécure

Le style d’attachement anxieux est associé à une crainte très ancrée de l’abandon et de la solitude. Les personnes ayant ce style d’attachement peuvent, sans en avoir conscience, sacrifier leurs propres besoins et limites dans l’optique de ne pas perdre leur couple. Bien souvent, elles sont amenées à accepter bien plus que ce qui est acceptable dans une relation.

Chez les personnes avec ce style d’attachement, la séparation peut être extrêmement douloureuse et angoissante. C’est cette angoisse profonde de la perte de l’autre et de la solitude qui peut les pousser à se remettre très rapidement avec quelqu’un, sans avoir pris le temps de se reconstruire, ni d’analyser la précédente relation.

On peut alors supposer que ces personnes ne seront pas forcément à même de repérer d’éventuels nouveaux comportements néfastes et que leur manque profond d’estime d’elles-mêmes les amènera de nouveau à accepter l’inacceptable.

Le traumatisme et la brèche ouverte par celui-ci

Comme évoqué plus haut, les violences conjugales sont considérées comme des événements traumatisants et peuvent engendrer un état de stress post-traumatique. Or, le traumatisme entraîne une fragilité et une vulnérabilité que certaines personnalités toxiques (notamment ceux que l’on qualifie de pervers narcissique) sont à même de repérer très aisément.

Pour un pervers narcissique, une personne fragile et vulnérable représente une véritable proie. Il n’hésitera pas à user de nombreuses manipulations et de stratégies toxiques pour la conquérir.

Ainsi, lorsque le traumatisme n’est pas traité, le risque de répétition est très élevé.

 💡 À noter : Le traumatisme de la relation précédente peut également renvoyer à d’autres traumatismes plus profonds survenus dans l’enfance. Il est alors indispensable de traiter les traumatismes récents et anciens pour éviter le risque de répétition. Je vous invite à lire mon article sur le sujet : J’enchaîne les relations toxiques, un trauma de l’enfance ?

Un autre impact : la peur des prochaines relations

femme tete dans les mains et homme qui la regarde-séquelles relation toxique

Une relation toxique ou violente laisse des traces et des séquelles assez profondes, toutefois identifiables. Mais une autre conséquence, bien ancrée elle aussi, peut faire son apparition et vous déstabiliser : la peur pour vos prochaines relations.

Peut-être avez-vous peur :

  • de souffrir à nouveau et d’encore vous sentir utilisé·e
  • de ne pas repérer d’éventuels comportements néfastes pour vous
  • au contraire, d’interpréter un comportement comme néfaste alors qu’il ne l’est pas
  • de ne pas pouvoir faire confiance à nouveau
  • que la situation se dégrade brutalement
  • de rejeter l’autre (par souci de protection)

Ces craintes sont tout à fait légitimes, mais comment faire pour les surmonter ?

 👉 Une seule manière prévaut : prendre le temps de vous reconstruire avant d’envisager une nouvelle relation.

C’est indispensable.

Peu importe le temps nécessaire, c’est ce processus psychique qui vous permettra d’éviter de retomber dans une relation toxique et d’éviter tout risque de répétition. En effet, on peut mettre ce risque en lien avec le degré de prise de conscience de la précédente relation : plus vous avez analysé et travaillé sur celle-ci et sur ses impacts, mieux vous serez armé·e pour vos prochaines relations.

Comment se reconstruire après une rupture difficile ?

femme sur chemin-se reconstuire

Le processus de reconstruction après une relation et une rupture difficiles peut être très long et éprouvant émotionnellement. Vous allez sans doute traverser une multitude d’émotions différentes et vous aurez besoin d’un soutien moral et affectif important.

Le travail à faire par soi-même

Après une relation marquée par la toxicité ou la violence, vous pouvez entamer la reconstruction par vous-même, en mettant en place certaines choses.

Sortez de l’isolement

Je vous le rappelle : vous aurez besoin d’un important soutien émotionnel pour avancer. Si vous avez été très isolé·e au cours de la relation toxique, il est essentiel pour vous d’aller chercher ce soutien.

  • N’hésitez pas à rétablir des liens affectifs peut-être rompus pendant la relation : reprenez contact avec des personnes dont vous vous êtes éloigné·e. Cela peut vous paraître difficile, mais le simple fait de demander des nouvelles peut suffire à renouer ces liens.
  • Essayez de rencontrer de nouvelles personnes en vous inscrivant à de nouvelles activités par exemple.
  • Intégrez des groupes de parole et de soutien : vous pourriez y faire de belles rencontres et vous sentir beaucoup moins seul·e en réalisant que d’autres personnes ont vécu la même chose que vous (contrôle, manipulation, emprise psychologique, violence physique…)

Recentrez-vous sur vos besoins et vos désirs profonds

 👉 Envisagez la séparation comme un moment de retrouvailles avec vous-même.

Si vous avez eu tendance à vous oublier pendant la relation, il est temps de vous concentrer à nouveau sur vos besoins, vos envies et vos éventuels projets jusqu’alors mis de côté. En somme, l’objectif est de réapprendre à être vous-même, et non celui ou celle que l’autre attendait de vous.

Acceptez vos émotions et le temps nécessaire à la reconstruction

Vous ressentez peut-être un mélange complexe d’émotions suite à la séparation, telles que :

  • la tristesse
  • la colère
  • la culpabilité
  • le désespoir
  • mais peut-être aussi un soulagement

Même si certaines sont très pénibles, essayez de ne pas les ignorer ou les mettre de côté car elles se manifestent pour une bonne raison. Il est nécessaire de les laisser s’exprimer de la façon qui vous conviendra :

  • en les écrivant
  • en les nommant à un proche
  • en les dessinant

De la même façon, essayez d’accepter votre temporalité en ce qui concerne votre reconstruction. Le temps nécessaire pour aller mieux est propre à chacun·e et il n’existe aucune règle en la matière.

 💡 Bon à savoir : Certains facteurs peuvent aider et faciliter ce travail, notamment un environnement amical et familial soutenant, ainsi que l’accompagnement thérapeutique par un·e professionnel·le.

Le travail avec le soutien d'un.e professionnel.le

femme qui parle et femme qui note-psychothérapie

L’accompagnement par un·e psychologue formé·e à la violence conjugale peut être d’une grande aide dans le travail de reconstruction et peut grandement accélérer celui-ci. Voici 4 grands avantages à opter pour un soutien psychologique professionnel :

  • avoir un soutien émotionnel
  • mieux comprendre les répercussions de la relation toxique
  • analyser votre relation passée et sa résonance possible avec d’autres traumatismes antérieurs
  • intégrer le trauma à votre histoire de vie

1. Le soutien émotionnel

Premièrement, le ou la psychologue représente un soutien émotionnel supplémentaire. Grâce à l’empathie et au non-jugement, il ou elle vous accompagne dans la verbalisation des événements ou des éléments de la relation que vous aviez tus jusqu’à présent, le tout dans un cadre sécurisant, tout en vous aidant à accueillir les émotions qui se présentent à vous.

2. Une aide pour comprendre les répercussions de la relation toxique

Le ou la thérapeute vous aide à prendre conscience et identifier les séquelles de votre précédente relation.

 ⚠️ Important à retenir : Vos réactions sont normales, c’est ce que vous avez vécu qui ne l’est pas.

Le ou la psychologue est à même de vous expliquer ce qu’est le trauma et de quelle(s) façon(s) il peut se manifester. Il.elle vous amène à comprendre ces différents symptômes et peut éventuellement vous fournir des outils pour mieux les gérer et y faire face.

3. L’analyse de la relation passée et du lien avec des traumatismes antérieurs

Un des aspects essentiels du travail avec un·e professionnel·le repose sur l’analyse de la relation passée.

 👉 Bon à savoir : Il est en effet indispensable de décoder la dynamique en jeu et d’identifier à postériori les diverses manœuvres et stratégies mises en place par votre ex pour vous contrôler et maintenir son emprise sur vous.

À la suite de cela, le ou la thérapeute peut vous amener à déconstruire les schémas de pensée qui se sont installés pendant la relation violente et qui entravent votre quotidien.

En fonction de l’approche utilisée par le ou la psychologue, vous serez peut-être amené·e à explorer votre passé, et d’éventuels traumatismes, plus anciens, qui pourraient entrer en résonance avec celui que vous venez de vivre. Analyser et approfondir les raisons de cette répétition est indispensable pour pouvoir par la suite développer des relations plus saines.

L’intégration du trauma dans votre histoire de vie

L’accompagnement thérapeutique vous permettra, in fine, de mettre du sens sur ce qui n’en avait pas jusqu’à maintenant. La verbalisation, et le fait de questionner, penser et parler des événements traumatiques, qu’ils soient récents ou anciens, aide votre psychisme à mieux assimiler et intégrer ceux-ci. Tout ceci dans l’optique de reprendre confiance en vous, de retrouver une stabilité émotionnelle et un sentiment de sécurité interne, afin de pouvoir à nouveau envisager l’avenir de façon positive.

Ce qu'il faut retenir

Se relever après une relation toxique est un chemin semé d’embûches, mais avec compréhension et soutien, il est possible non seulement de guérir, mais aussi de grandir. Voici l’essentiel à retenir de notre discussion :

 💡 Points clés à garder à l’esprit :

  • Les séquelles d’une relation toxique sont variées et peuvent inclure la perte d’estime de soi, l’anxiété, la confusion, et même des symptômes de stress post-traumatique. Ces impacts peuvent persister bien après la fin de la relation.
  • Le risque de retomber dans le même type de relations est réel, surtout si l’emprise psychologique n’est pas résolue. Reconnaître les signes et travailler sur soi est primordial pour ne pas répéter le passé en amour, en amitié, etc.
  • La reconstruction est un processus qui prend du temps. Il s’agit de se retrouver, de se comprendre et parfois de réapprendre à vivre.

 👉 Conseils pour avancer vers la guérison :

  • Reconnectez-vous avec votre monde : que ce soit en renouant avec des amis de longue date ou en faisant de nouvelles rencontres, la socialisation aide à briser l’isolement.
  • Recentrez-vous sur vous-même : après avoir peut-être mis vos propres besoins de côté, c’est le moment de découvrir ou redécouvrir ce qui vous passionne vraiment.
  • Exprimez vos ressentis : il est normal de ressentir un tourbillon d’émotions. Parler, écrire ou dessiner peut aider à mieux les comprendre et les surmonter.
  • Envisagez de consulter un·e professionnel·le : un·e psychologue peut vous guider à travers les méandres de vos expériences passées et vous aider à construire un futur plus serein.

Rappelez-vous, avancer après une relation toxique est un processus, non un événement. Prenez le temps qu’il vous faut, écoutez-vous, et surtout, soyez doux / douce avec vous-même.

Vous rencontrez certaines des séquelles évoquées dans l’article et vous aimeriez en parler dans un cadre bienveillant ?

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