Psychogénéalogie : cassez la transmission de vos traumas

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L’analyse transgénérationnelle psychogénéalogique pour se libérer du poids de ses ancêtres

Vous souffrez d’un mal-être que vous identifiez comme faisant suite à un trauma ancien ou récent. Après avoir testé plusieurs techniques thérapeutiques qui n’ont pas donné de résultats probants, vous êtes à cours de solution pour renouer avec la sérénité et le mieux-être. Alors peut-être que la psychogénéalogie peut vous aider.

Cette approche se focalise sur l’analyse transgénérationnelle, autrement dit la transmission de certains éléments/événements de génération en génération, parmi lesquels, les traumas. Si cette approche encore actuellement décriée, je vous invite à en découvrir les principes et les intérêts, afin de vous en faire votre propre idée.

La psychogénéalogie vise à étudier votre histoire familiale. Il s’agit notamment de se pencher sur les éventuels secrets de famille, les traumatismes et les événements familiaux marquants. Cette approche stipule que les différents événements vécus par vos ancêtres conditionneraient :

  • certains de vos comportements
  • certaines de vos difficultés
  • certains de vos troubles et/ou maladies
  • certains de vos choix de vie

Cette théorie a été développée dans les années 1970 par la psychologue et psychothérapeute Anne Ancelin-Schützenberger (1919-2018). À la même époque, la pédiatre et psychanalyste Françoise Dolto (1908-1988) avait également développé cette idée selon laquelle les enfants hériteraient des problèmes non résolus de leurs parents.

Avant elles, le psychanalyste Carl Gustav Jung (1875-1961) avait déjà développé l’idée d’un inconscient collectif, et donc par extension d’un inconscient familial.

 💡 Important à savoir : La psychanalyse s’appuie sur l’idée d’un inconscient individuel, au sein duquel des éléments de la vie du sujet sont refoulés. Plus tard et au cours d’une psychothérapie psychanalytique, c’est le retour à la conscience de ces éléments refoulés qui doivent apporter un soulagement au sujet.

De la même manière, il existerait un inconscient familial. Et des éléments refoulés ou non symbolisés, c’est à dire non assimilés correctement par le psychisme dans les générations antérieures, pourrait avoir une influence et un impact sur celles futures.

Pourquoi faire de la psychogénéalogie ?

Cette méthode offre une nouveau moyen d’aborder les troubles. Elle est susceptible d’apporter un nouvel éclairage et de nouveaux éléments de compréhension concernant les difficultés que vous rencontrez. La pratique vise notamment à :

  • comprendre votre place dans le concept de la loyauté familiale
  • comprendre la répétition des traumas

Comprendre votre place et le concept de loyauté familiale

La psychogénéalogie vise à mettre plus de sens sur votre filiation. Autrement dit, à y voir plus clair sur la place qui vous a été faite dans votre famille et la façon dont vous avez pris cette place.

On utilise pour cela le génosociogramme, un arbre généalogique très fourni en détails. Cet outil a pour fonction d’aider à mettre en évidence la dynamique familiale à l’œuvre, c’est à dire la façon dont votre famille est structurée et la manière dont elle fonctionne (ou dysfonctionne).

Ainsi, chaque membre, vous y compris, se voit assigner un rôle et des responsabilités spécifiques (de manière explicite ou implicite), qui vont largement influencer sa manière d’interagir avec les autres, mais aussi plus généralement sa façon d’être.

 💡 À noter : Dans certains cas, l’arbre permet de mettre en évidence une grande confusion des places de chacun, ce qui peut également engendrer un mal-être important.

Les loyautés familiales inconscientes représentent des attaches émotionnelles, des obligations, des engagements et responsabilités très ancrées en chacun de nous. Celles-ci peuvent influencer nos choix de vie (choix de carrière, relations amoureuses…), ou bloquer certaines de nos actions, sans que nous en ayons conscience.

Voici quelques exemples de loyauté en œuvre :

  • loyauté envers les parents
  • loyauté envers les fratries
  • loyauté envers les ancêtres
  • loyauté envers les secrets de famille

 💡 Un exemple pour illustrer :

Prenons l’exemple d’une femme qui tombe uniquement amoureuse de conjoints toxiques pour elle, qui la rabaissent. À l’inverse, cette femme s’ennuie avec des partenaires qui la respectent. En creusant les schémas familiaux, nous pourrions découvrir que son père avait le même comportement toxique envers sa mère. Ainsi, par loyauté inconsciente envers le schéma parental (et peut-être grand-parental), elle perpétue inconsciemment celui-ci afin de respecter le rôle assigné aux hommes dans sa famille.

Identifier ces loyautés inconscientes, les comprendre et les remettre en question est une partie importante du travail en psychogénéalogie. En prenant conscience de ces loyautés et de ces influences, nous partons du principe que vous serez mieux à même de faire des choix plus autonomes, qui correspondent à vos désirs profonds.

Finalement, la psychogénéalogie vous invite à vivre votre vie de manière plus authentique.

Comprendre la répétition des traumas

lettres manuscrites-psychogénéalogie

Il n’est pas rare d’observer dans certaines familles la présence de traumatismes plus ou moins similaires se répétant sur plusieurs générations. Par exemple, il est courant qu’une famille où la violence conjugale a été présente répète ce schéma sur plusieurs générations, comme une tentative de résoudre ce qui n’a pu se symboliser chez les aïeux.

Si c’est votre cas, la psychogénéalogie peut vous aider à identifier ces traumas transgénérationnels non résolus. Elle peut vous aider à comprendre les schémas de comportement ou de pensée qui y sont liés. Ce qui ouvre ensuite la voie à la remise en question et au travail de reconstruction, en vous distanciant de l’héritage de vos ancêtres.

Psychogénéalogie : attention aux arnaques

La psychogénéalogie est assez décriée, et ce, parce qu’elle n’aurait pas de validité scientifique et ferait partie de la famille des pseudo-sciences. Il est en effet assez difficile de tester, de quantifier et de valider par les méthodes scientifiques habituelles tout ce qui touche au psychisme et à l’inconscient.

Au-delà de cette question de la validité scientifique (qui renvoie à un débat plus vaste sur le fait que la psy ne soit pas une science exacte), d’autres aspects sont mis en avant pour critiquer cette approche.

Des formations en analyse transgénérationnelle accessibles à tous

Cette approche peut être pratiquée par un nombre important de thérapeutes, mais aussi par des coachs en tout genre.

Effectivement, les parcours de formation en psychogénéalogie sont accessibles à tou·tes et ne sont pas seulement réservés aux professionnels de l’accompagnement.

 👉 La conséquence : n’importe qui peut prétendre être « psychogénéalogiste ».

 👉 Le risque : Votre situation est complexe, d’autant plus si vous avez subi des violences et que vous souffrez de stress post traumatique. Des arnaqueur·es peuvent surfer sur votre fragilité psychologique pour vous amener à payer des séances d’écoute ou des stages sans aucune utilité ou résultats. Car incriminer vos ancêtres et rejeter entièrement la faute sur eux ne vous aidera pas nécessairement à vous reconstruire et à avancer.

 👉 La solution : Si vous êtes intéressé·e par cette approche, assurez-vous que le ou la professionnel·le dont vous vous rapprochez est fiable, qu’il / elle a d’autres formations, d’autres références théoriques ou au moins quelques bases en psychologie, afin de vous proposer une prise en charge adaptée.

Comprendre le risque de faux souvenirs induits

Lorsque la psychogénéalogie est pratiquée par des personnes n’ayant aucune notion du sujet, elle peut présenter un risque important de faux souvenir induit.

Si le / la professionnel·le que vous avez en face de vous use beaucoup de suggestions (par exemple, en suggérant que vous ou vos ancêtres avez vécu tel ou tel événement, sans que cela ne soit vérifié), cela risque de créer chez vous de faux souvenirs d’événements qui n’ont pas réellement eu lieu.

 👉 Important à retenir : Gardez en tête que c’est toujours à vous d’apporter les éléments de votre histoire personnelle, et non au thérapeute (ou coach) de vous les suggérer.

Comprendre le flou existant entre épigénétique et influence familiale

Une autre critique adressée à la psychogénéalogie fait référence au débat scientifique de l’héritage génétique des traumas familiaux. La psychogénéalogie s’appuie en partie sur des découvertes récentes dans le domaine de l’épigénétique, une science qui étudie l’influence de l’environnement sur l’expression des gènes.

 💡 Un exemple pour illustrer :

Par exemple, dans le cadre de violences intrafamiliales, ces violences imprimeraient le psychisme et l’ADN de la victime, puis des descendants, d’où l’idée de transmission sur plusieurs générations, et de répétition.

 👉 L’objet du débat : Mais cette répétition pourrait tout aussi bien s’expliquer par les interactions familiales directes entre l’enfant et le parent violent. L’enfant intègre alors ce modèle relationnel pour le répéter par la suite à l’âge adulte sur ses propres descendants et proches.

La vérité se situe possiblement entre les deux…

Des résultats prometteurs en épigénétique

Car plusieurs recherches scientifiques menées, notamment par la généticienne suisse Ariane Giacobino, ont effectivement mis en évidence que les traumatismes laissaient des traces dans l’ADN des victimes. Il a été prouvé que des violences subies entraînaient chez la victime une variation dans la méthylation du gène du récepteur des glucocorticoïdes (NR3C1).

Le gène NR3C1 code pour le récepteur des glucocorticoïdes, qui joue un rôle essentiel dans la régulation de la réponse au stress par l’organisme. Les glucocorticoïdes, dont le cortisol est le principal représentant chez l’humain, sont des hormones libérées en réponse au stress. Une méthylation accrue du gène NR3C1 peut réduire l’expression de ce récepteur, diminuant ainsi la sensibilité des cellules aux glucocorticoïdes. Cela peut affecter l’efficacité avec laquelle le corps gère le stress physiologique.

Des conséquences sont induites, comme le développement de maladies :

  • troubles psychologiques : Des niveaux anormaux de méthylation de NR3C1 ont été associés à des troubles psychologiques comme la dépression et le trouble de stress post-traumatique (TSPT). Chez les individus ayant subi des abus ou des traumas pendant l’enfance, une méthylation accrue de NR3C1 a été observée, ce qui pourrait contribuer à une sensibilité accrue au stress et au développement ultérieur de troubles psychologiques.
  • réponses inflammatoires : Le récepteur des glucocorticoïdes joue également un rôle dans la modulation des réponses inflammatoires. Une altération de l’expression de ce récepteur due à la méthylation peut influencer la susceptibilité ou la sévérité des maladies inflammatoires.

Vous l’aurez remarqué, on parle à ce stade de la victime uniquement, et pas encore de ses descendants. C’est justement au niveau d’hypothèse de la transmission que se situe le débat autour de la psychogénéalogie, car l’épigénétique a démontré cette transmission chez des plantes et des animaux (ex : drosophiles, souris…). D’où une recherche chez l’humain pour comprendre des implications possibles au niveau de la méthylation du gène NR3C1 chez le fœtus.

Pour Ariane Giacobino, cette modification dans l’ADN pourrait se transmettre sur plusieurs générations, peut-être davantage. Mais elle ne serait pas irréversible et pourrait s’effacer, notamment grâce à la thérapie.

Pour conclure, je dirais qu’il est essentiel que la psychogénéalogie soit utilisée avec un certain recul, et par un·e professionnel·le qui possède d’autres références théoriques que celle-ci. Cette personne formée peut ainsi appréhender vos difficultés dans leur ensemble, et pas uniquement sous le prisme de l’héritage de vos ancêtres.

Il est sans doute très éclairant de tenir compte de votre passé familial pour analyser vos difficultés actuelles, voire vos traumas. En revanche, il serait très réducteur d’attribuer l’entière origine et la causalité de ces traumas à ce passé.

Fonctionnement : comment faire de la psychogénéalogie ?

vieilles photos-psychogenealogie

De mon point de vue, la psychogénéalogie représente une façon intéressante d’élargir la compréhension et les possibilités d’intervention en psychothérapie. Cette approche s’inscrit parfaitement dans une perspective holistique de l’humain. Elle a donc toute sa place dans une thérapie intégrative.

 👉 À ce sujet, voir mon article « Thérapie intégrative, outil efficace après une relation toxique »

Tout d’abord, le fait de parler de votre famille au sens large et d’aborder d’éventuels événements marquants vécus par celle-ci est déjà une manière de faire de la psychogénéalogie à minima. Car si vous choisissez d’aborder cela en séances, c’est qu’inconsciemment, ce passé familial n’est pas anodin dans ce que vous vivez actuellement.

Si vous souhaitez aller plus loin dans l’exploration de votre lignée familiale, je peux alors vous proposer de réaliser une ou plusieurs séances axées autour de cette approche.

Déroulement d’une séance

Étape 1 : Définition des objectifs

Dans un premier temps, je vous invite à nommer et à formuler votre objectif vis-à-vis de la question suivante : qu’attendez-vous de la psychogénéalogie et de la séance ?

Étape 2 : Construction de votre arbre généalogique

Ensuite, nous passons à la construction de votre génosociogramme. Nous partons des éléments que vous avez à votre disposition à ce jour. Il est en réalité beaucoup plus fourni que le simple arbre généalogique, tant au niveau du nombre de personnes qui y sont représentées que du type d’informations et de détails que nous pouvons y faire apparaître.

L’arbre pourra être approfondi et étoffé par la suite si vous le souhaitez, avec les nouveaux éléments que vous aurez récoltés :

  • soit en posant des questions à votre famille, vos proches, des voisins, etc.
  • soit en faisant des recherches plus poussées et en vous rapprochant des archives départementales, régionales, etc.

Du fait du distanciel, je vous guiderai dans la réalisation de votre arbre pas à pas, et je le reproduirai également de mon côté en m’assurant avec vous qu’il est exact, afin que nous puissions avoir le même outil de travail et de réflexion.

Étape 3 : Débriefing de la méthode

Celui-ci peut commencer en même temps que la construction de l’arbre. Par exemple, il est intéressant pour moi d’observer les « points d’achoppement », c’est à dire :

  • ce sur quoi vous butez
  • vos éventuelles difficultés à parler de telle ou telle personne
  • et/ou les diverses émotions que cela convoque pour vous

Ces éléments peuvent être très révélateurs d’enjeux inconscients.

Nous échangeons autour de ce qui émerge :

  • ce que vous observez de votre arbre
  • ce qui vous parle et résonne en vous
  • ce que vous remarquez par rapport à votre objectif de dépar

 👉 Objectif recherché des séances : Nous essayons de mettre à jour la dynamique familiale, les loyautés inconscientes, l’éventuel rôle qui vous a été assigné.

Il se peut qu’au cours de ce travail, vous preniez connaissance d’événements assez lourds qui ont touché votre famille. Il peut s’agir de traumas importants, par exemple qui se répètent sur plusieurs générations. Ces découvertes peuvent être difficiles à vivre, tout comme il peut être difficile de s’en distancier. Je serai donc là pour vous soutenir et vous accompagner dans l’intégration psychique de ces éléments.

Étape 4 : Intégration des résultats

Il se peut que la révélation de certains secrets de famille, ou le fait que l’un de vos proches mette enfin des mots sur un non-dit qui courait depuis plusieurs générations vous apporte déjà un grand soulagement.

Toutefois, certaines découvertes sont au contraire tellement lourdes que le fait de les nommer, les faire remonter à la conscience et les symboliser sur votre arbre ne suffiront pas à vous soulager. La dernière étape peut donc être l’intégration.

 👉 Cette phase d’intégration peut prendre plusieurs formes :

  • Certains thérapeute proposent pour cela de rejouer certaines scènes de l’histoire familiale, dans le cadre d’une thérapie de groupe par exemple.
  • D’autres proposent de mettre en place des actions très symbolique et/ou des rituels, comme par exemple, aller parler sur la tombe d’un ancêtre ou lui écrire une lettre et la brûler.

De mon côté, je vous laisserai décider de ce qui vous paraît le plus satisfaisant pour vous, et quelle que soit la démarche choisie, je serai là pour vous accompagner :

  • si vous ressentez le besoin de mettre en place certaines actions symboliques.
  • si vous souhaitez intégrer un groupe thérapeutique (psychodrame) afin de rejouer certaines scènes traumatiques.
  • si vous préférez au contraire, prendre le temps de travailler sur ces découvertes par la parole dans le cadre habituel de la psychothérapie.

Quelle que soit votre décision, l’important est que vous puissiez mettre du sens sur ces découvertes et les intégrer au mieux.

Quelles alternatives à l’analyse transgénérationnelle ?

Cette approche peut ne pas vous convenir pour diverses raisons.

  • Vous ne souhaitez pas vous pencher sur votre passé familial, de peur que ce soit trop douloureux.
  • Vous êtes trop réticent·e du fait des nombreuses critiques adressées à cette approche.
  • Vous avez trop peu d’éléments sur les membres de votre famille et ne souhaitez pas engager des recherches pour en avoir plus.

Si tel est le cas, et que vous souhaitez malgré tout vous tourner vers des méthodes différentes des approches psychothérapeutiques « classiques », il existe des alternatives, comme par exemple l’art thérapie. L’art thérapie peut se pratiquer en individuel ou en groupe. Cette méthode passe par l’utilisation de différents médias :

  • la musique
  • le théâtre
  • la peinture
  • l’écriture thérapeutique

Pour résumer sur la psychogénéalogie

Les apports de l’approche transgénérationnelle peuvent être précieux, notamment dans le cadre des violences conjugales et des traumas. Toutefois, cette approche doit être utilisée avec un certain recul. Elle est d’autant plus intéressante lorsqu’elle s’inscrit dans une prise en charge globale, qui s’appuie sur d’autres courants théoriques. Il est indispensable qu’elle soit pratiquée par un·e professionnel·le formé·e à l’accompagnement mais également à la psychologie.

Vous souffrez d’un mal-être important et vous pensez que travailler sur votre héritage familial pourrait vous aider à y voir plus clair ?

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